"Tu as rangé ta chambre ? Plié ton linge et le mettre correctement dans ton placard ? Est ce que tu as pensé a prendre le courrier en passant ? T'as mis la lettre de ta soeur a la poste ? Est-ce que tu as pris le temps d'essayer avant de dire "j'arrive pas" ? Tu as réussi ton contrôle ?! A quoi tu penses ? Pourquoi tu es si fatiguée ?! Tu dors la nuit ? Pourquoi tu ne réponds jamais au téléphone ?! Pourquoi vous passez vos journées a Grenoble, c'est pas assez bien Vif ? Tu vas rater le bus, dépêche toi ! Viens me faire un bisou. Tu dors là-bas ou tu rentres cette nuit ? A quel heure ? Assieds toi je veux qu'on parle ! Tu n'as rien a me dire ? Tu as fais quoi hier ? Le lycée a appelé, ou étais-tu ? Comment ça tu as confondu lundi et jeudi ?!!! Tu te fou de moi ?!"
Non, je ne me fou pas de toi Maman. J'aimerai avoir assez de place dans ma vie pour t'offrir le plus beau de mes sourire pour le peu de temps qu'on arrive a passer ensemble. J'aimerai n'avoir que des bonnes nouvelles a t'annoncer, et même si tu manque de temps j'aimerai t'apporter tout ce que tu désires de tes enfants. J'aimerai te rendre aussi fière que parfois je suis fière de toi. Je sais que je n'ai ni le caractère, ni le tempérament de quelqu'un de fort, mais n'aies plus peur pour moi. Je m'en sors même si parfois je ressens le manque de toi, pour me pousser a devenir quelqu'un. Parfois je rame, et parfois je n'ai plus la force d'être quelqu'un comme toi, quelqu'un qui se montre fort et n'a peur de rien. Y'a comme un air de défaite qui passe et repasse juste devant moi comme pour me narguer de n'avoir, encore une fois, pas réussis ce que j'ai essayé de construire. Comme un air de changement quant a sa présence dans ma vie et, pour une fois, c'est pas l'envie de pleurer sur mon sort qui apparait, mais bel et bien l'envie de me déchainer sur tout ce qui pourrait croiser mon chemin. Tu vois parfois j'aimerai abandonner, laisse là tout ce que j'ai commencé a faire ou défaire et m'en aller, juste pour m'éloigner un peu. Mais j'y arrive pas, je sais pertinemment que tu seras déçue de moi, de la façon que j'ai de ne jamais aller au bout de ce que je fais. Oui. Tu seras déçue, et moi malheureuse.
J'aimerai juste qu'on réussisse a marcher ensemble.
Je crois n'avoir jamais été aussi proche de ce que je me suis toujours empêché d'être. Cette impression de trouble constant, cette prise de conscience toujours qu'à moitié révélatrice. Je suis ce merci, ce pardon, ce je t'aime ou cet adieu. Je suis cette peur difficile a admettre, difficile a contrôler aussi. Ce curieux jeux de rôle entre pensée et imagination, entre avenir et fuir. Je suis la distance séparant deux point ou même cette balle de ping-pong instable passant d'un côté a l'autre sans attaches apparante. Je suis le simple sentiment. Celui qui fait rire ou pleurer. Je me trouve entre deux chose a chaque fois c'est c'est fatiguant.
Je suis l'éponge, le faible, le sucre, le fragile, le sensible, l'humide, le pâle, le chuchotement..
Je ne suis ni le chaud ni le froid. Ni le oui ni le non. Je ne sais plus où ni comment. C'est comme ça au début, c'est hésitant et indécis, comme bloqué entre deux foutues envies. Puis au final c'est en larmes qu'on essaye de remonter la pente.
Comme si je commencais a tomber amoureuse.
Et tout ce cirque que l'on fait autour d'une simple disparition, ou petite déception. Et toutes ces questions qui défile dans ma tête simplement parce qu'une main que j'ai toujours tenue si fort commence a glisser. Glisser. Pour se détacher complètement.. Et cette main que je serrais toujours plus fort pour ne jamais la perdre, s'en va se refermer seule un peu plus loin comme pour faire comprendre au monde que c'est fini, son coeur lui appartient. A ce moment là, ma main se referme sur sa propre paume et je me jure, je me jure mille fois s'il le faut. Que plus jamais je ne m'accrocherai si fort a une main Ainsi va la vie.
"Condamnée a se jeter. L'amour a perpétuité."